Présentation de l’ALM (Asset and Liability Management) et de la Réforme Bâle III

 

Le Réseau Pro’Actif a organisé le 27 mai une conférence présentée par deux membres, experts sur la « Présentation de l’ALM (Asset and Liability Management) et de la Réforme Bâle III », réforme qui est au cœur des préoccupations bancaires.

Les crises financières en 2007-2008 ont fortement touché l’économie mondiale et ont mis en évidence un manque en terme de réglementation bancaire pour gérer les situations extrêmes et surtout ont mis en évidence la non prise en compte de certains risques et  notamment le risque de liquidité.

En réponse à ces crises, le comité de Bâle avec le soutien du G20, ont présenté des propositions de réformes dès 2009, et par la suite en Décembre 2010 ont publié la réglementation Bâle 3 et tout le dispositif.

Principalement, l’objectif de cette réforme a été de renforcer la résilience du système bancaire suite aux différentes crises financières observées.

Deux ratios de liquidité standards ont été introduits par le comité de Bâle pour éviter les crises de liquidités : le « Liquidity Coverage Ratio » (LCR) et le « Net Stable Funding Ratio » (NSFR). L’objectif de leur introduction est l’augmentation de la résilience du système bancaire en cas de crise de liquidité.

1. L’objectif du LCR est d’assurer la survie de la banque, sans recours aux banques centrales, à un horizon de 30 jours sous stress de liquidité combiné : stress systémique de marché combiné avec un stress spécifique de la banque. Les 3 composantes de ce ratio sont:

Le coussin de liquidité «buffer »: sa définition est assise sur des critères de liquidité de marché à l’exception des titres souverains. Les banques sont supposées traverser la crise sans recours complémentaire aux banques centrales.
Les actifs liquidables en cash dans un horizon de 30 jours. Existence d’une liquidité de marché: actifs listés et négociables sur un marché pouvant être monétisés via un marché de repo actif. Ces conditions de liquidité de marché s’accompagnent de conditions de qualité de crédit : rating minimal AA-. Sont exclus les titres émis par la banque elle-même ou par toute contrepartie financière à l’exception des « covered bonds ». Les titres souverains sont exemptés de ces conditions dès lors qu’ils couvrent les besoins de liquidité de l’entité en local.
Flux sortants nets du bilan de la banque « NCO » dans le mois:

2. Afin d’encadrer le bilan de liquidité des banques, le Comité de Bâle a structuré et calibré le NSFR comme un ratio ALM qui encadre la transformation des banques. Les principales caractéristiques du NSFR sont : une situation de stress spécifique de la banque (contrairement au LCR qui suppose un stress spécifique associé à un stress de marché).Le NSFR a pour objectif d’assurer que :
Les ressources de la banques qui sont réputés être stables au-delà de 1 an : ASF « available stable funding » soient supérieures aux « Besoins de financement à plus d’un an » de chaque élément à l’actif du bilan : RSF « required stable funding ».

La réforme Bâle III est donc susceptible d’introduire d’importantes transformations dans l’activité des banques et dans leur rôle traditionnel de transformation du court-terme en long-terme. Le but premier de ces réformes est bien de renforcer la stabilité du système bancaire afin de garantir une plus grande sécurité et de retrouver une confiance perdue.
Toutefois, malgré une réelle volonté de changement, il reste difficile à ce stade de déterminer la solution la plus appropriée aux problèmes de liquidité, ce que révèle l’application du NSFR prévue pour… 2018 !

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